mardi 12 juillet 2016

Nouvelles du 12 juillet 2016 - Auvernier - Slovaquie

En velo, on dit que c'est le dernier kilomètre le plus dur. Lors de mon départ d'Auvernier ce lundi 4 juillet, j'ai eu l'impression inverse et c'est le cœur serré que j'ai vainement cherché à voir une dernière fois ma petite Clai-Clai dans le rétroviseur.

À Marin, j'ai encore embrasse ma fille Maroussia, son copain Fabien, ma mère et ma tante Mariette. Ensuite, mon ami Gigi m'a accompagné jusqu'à Aarberg. Après un petit café, nos routes ont pris des directions opposées et j'étais désormais seul, sans savoir jusqu'où j'irais et où je dormirais le soir. C'est cette forme de liberté que j'apprécie même si c'est difficile de ne pas pouvoir partager le bonheur de la découverte.

La traversée de la Suisse par un temps et une température idéales n'a été qu'une formalité. Seul un maître cylindre de frein avant incontinent me préoccupait. Il fallait régler le problème au risque de me retrouver sans frein. Le choix de la première étape à donc été fait en fonction de la proximité d'un agent Triumph. Soit tout près  d'Innsbruck.

Histoire de ne pas m'embourgeoiser d'emblée, j'avais décidé de camper pour cette première nuit. Bien m'en a pris car je suis tombé sur un très accueillant petit camping à Pettnau, a l'ouest d'Innsbruck. De plus, j'ai pu constater que le camping présentait bien des avantages, au premier lieu le fait d'avoir toutes ses affaires dans un rayon de 6 mètres, la moto étant parquée à côté de la tente. L'installation du campement ne m'a pas pris plus de 15 minutes mais tout est plus simple quand il fait beau et chaud.

Pour le repas du soir pris dans un restaurant du coin, j'ai failli à mes règles d'hygiène alimentaire en engloutissant des Wiener schnitzel (il n'y en a rarement qu'un seul) accompagnés de frites et d'une bière.

Le lendemain matin et en dix minutes la manchette caoutchouc du maître cylindre était remplacée et je pouvais reprendre ma route vers Vienne avec un soucis en moins. La suite du trajet s'est déroulée sans histoire mais j'ai été impressionné par le nombre de camions, dans les deux sens, qui circulent sur l'autoroute. C'est un flux continu de semi-remorques immatriculés dans les pays de l'est et ailleurs. Il y a quelque-chose qui ne joue pas, il me semble. J'ai aussi vu des dizaines de voitures roumaines ou slovaques attelées de remorques sur lesquelles étaient chargées des voitures sans plaque voire avec des plaques françaises. Du coup, je n'ai pu m'empêcher de regarder les vélos arrimés derrière les camping-cars, espérant peut-être voir ceux volés à mes copains lors de notre semaine en Lozère.

En approchant de Vienne, je me suis souvenu que lorsque nous nous rendions à Budapest (nous y avons vécu avec ma famille et y ai travaillé pendant deux ans en 1986/87), j'étais toujours intrigué par l'abbaye de Melk, imposant et bien visible depuis l'autoroute. Cette fois, je n'allais pas laisser passer l'occasion de satisfaire ma curiosité. C'est donc près de Melk, au bord du Danube, que j'ai planté ma tente avec en toile de fond un magnifique chateau privé.

Le lendemain matin, soit mercredi 6 juillet, j'ai visité cette abbaye érigée il y a 900 ans par les moines bénédictins. J'ai appris que ces derniers cherchent Dieu avec abnégation depuis des siècles et ne l'ont toujours pas trouvé. Mais apparemment cette quête est lucrative et laisse de belles traces, il faut bien l'admettre. A commencer par la bibliothèque qui renferme environ 100'000 livres dans 12 pièces. Cela va du manuscrit au livre contemporain. Les ouvrages entreposés dans la pièce principale sont tous reliés à l'identique. Presque aussi bien que mes archives d'Auvernier !

En fin de matinée, j'ai repris la route et ai pu passer Vienne sans encombre et entrer en Slovaquie du côté de Bratislava. Toujours sur l'autoroute, donc pas vraiment de quoi satisfaire un motard. Mais ça présente l'avantage de pouvoir bien avancer  dans une relative sécurité. Ma première halte en Slovaquie pour manger un morceau ne m'a pas vraiment invité à m'attarder dans ce pays dont j'avais déjà eu un aperçu par le passé. Apparemment, les vieux réflexes de l'époque  communiste sont encore bien présents. Des bouffeurs de schnitzels, le sourire en moins. Mais je suis certainement trop dur et je ne devrais pas généraliser !






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