Dimanche 10 juillet. Je m'attends à une rude journée. J'ai réservé ma visite du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz pour ce jour. On ne peut pas y aller sans autre. Il faut réserver par internet mais ça présente l'avantage de pouvoir choisir l'heure de la visite et la langue.
Le trajet de Cracovie a Auschwitz (Oswiecim en polonais) se déroule sur des routes enfin plus fréquentables. Ça me remonte le moral pour la suite.
Une fois encore la gestion des visiteurs est impeccable. L'entrée dans le camp d'Auschwitz est précédée d'un contrôle de sécurité comme dans les aéroports. La visite dure 3h30 chrono et les groupes défilent de manière très ordonnée. Notre guide à l'accent belge et ça aide un peu à faire passer la pilule, si je puis dire. Ce serait trop long de décrire ce que chacun a pu voir dans un documentaire consacré à cette sombre page de l'histoire, et je vais donc faire court. Après Auschwitz, nous sommes encore allés visiter le camp d'Auschwitz-Birkenau (ou Auschwitz II) distant de trois kilomètres. C'est immense et bien plus étendu qu'Auschwitz I. On s'en rend d'autant mieux compte que le camp a été aménagé dans une plaine parfaitement plate et dépourvue d'arbres. C'est ici que l'élimination des juifs et autres indésirables pour le régime nazi a pris un caractère industriel. Plus de 6000 personnes pouvaient être gazées et incinérées par jour. Les estimations font état de plus de 1,1 million de victimes.
Cette visite que je tenais à faire n'a malheureusement pas levé mes interrogations et je n'ai pas eu l'occasion d'entrer dans un débat avec le guide, très compétent et digne mais un peu trop pressé par le temps à disposition. Comment se fait-il que ces immenses installations, visibles du ciel comme en témoignent les photos aériennes prises par les alliés et exposées ici aient pu fonctionner durant 4 ans sans réaction des alliés. Certains détenus travaillaient à l'extérieur du camp et il est impensable que l'un ou l'autre n'ait pu alerter la population locale. Quid de cette dernière ? Et parmi les officiers et soldats allemands engagés à ces horribles tâches, il ne pouvait pas n'y avoir que des salauds. Impossible d'imaginer que des fuites n'aient pas pu avoir lieu. Mais ce sont la des questions naïves.
Quant à l'énoncé "plus jamais ça", laissez moi rire ou plutôt pleurer. Le Rwanda, la Syrie, les Kurdes et j'en oublie l'épuration ethnique en ex-Yougoslavie et bien d'autres encore sont la pour démontrer que c'est vide de sens.
Je suis reparti d'Auschwitz ou je n'avais pas envie de passer la nuit et ai trouve refuge dans un hotel à Opole, charmante petite ville de 120´000 habitants distante d'environ 100 km parcourus sur de belles routes principales peu encombrées. A Opole, après une galère avec le logeur d'airnb (je consacrerai un article plus tard sur ce sujet), j'ai pu suivre sur un grand écran la finale de l'Euro entre la France et le Portugal sur la terrasse en dégustant une spécialité silésienne que j'aurais peine à décrire, mais c'était bon.
Hier, lundi 11 juillet, je suis arrivé à Wroclaw, a 350 km au sud-ouest de Varvosie. Très belle ville que j'ai visitée à pied ce matin 12 juillet. Ici aussi, l'offre en restaurants est abondante et variée. Hier soir, j'ai mangé des sushis. Devant le restaurant était parquée une Ferrari noire battante neuve, immatriculée en Pologne. Je n'en reviens décidément toujours pas. Je n'ai encore pas vu une seule statue de Lénine. Par contre ce bon pape Jean-Paul II est bien présent.
A part tout cela, tout va bien. Le dos tient la secousse et j'espère que ça va durer. La tigresse se comporte bien. Il y a juste le GPS qui a tendance à me lâcher dans les moments cruciaux. Mais ça se réglera quand il fera moins chaud pour bricoler (33 degrés hier).
Bonnes salutations à toutes celles et ceux qui ont eu la patience me lire jusqu'ici. Les photos, ce sera pour plus tard.
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